Martine : L’ Esthéticienne
Années : 1952 – 1962
A quatre ans tout juste , Martine retrouve Sœur Marie St Vincent à l’église pour le catéchisme : «Les filles à droite , les garçons à gauche». Quelques pas seulement pour Soeur Marie qui vient du couvent (allée des tilleuls), quelques pas également pour Martine accompagnée de sa grand-mère qui vient d’un peu au dessous de la «Dame du lait».
Elles se retrouveront régulièrement jusqu’à ses onze ans et lors de la communion privé, de la communion solennelle et de la confirmation.
Un an plus tard c’ est la rentrée à l’école , au rez de chaussée de la Mairie : Mme Carsalade puis Mr Casteran seront ses instituteurs jusqu’ au CEP (Certificat d’ Etudes Primaires) : l’examen a lieu à St Lys,
L’ année suivante la grande école au collège de St Lys,
Ses parents Yolande et Léon s’ activent à la ferme comme de nombreux paysans de la commune : poules , canards, cochons et quelques vaches pour le lait. Néanmoins Léon se distingue en investissant dans un moulin électrique pour concasser et broyer principalement le maïs. Il utilise de temps en temps son privilège de bouilleur de cru pour distiller les récoltes des locaux , sur place ou à proximité d’un puits grâce à son alambic ambulant. Il transporte également à la demande du bétail. Enfin Il collecte pour le compte d’un assureur les cotisations sans être pour autant salarié.
Yolande envoie souvent Martine faire quelques courses au village. Les premiers commerces ne sont pas très loin et aucune crainte à avoir tout le monde se connaît.
Peu de circulation, un bus départemental fait la liaison Toulouse Boulogne sur gesse mais ne passe qu’une fois par jour. De temps en temps certes on peut voir le bus de Mr Bouteiller qui vous amène à Toulouse.
Les épiceries font sa joie , il y en a deux : Cazeaux (Leon et Marthe) et Berthou avec ses caramels à un centime. Deux boulangeries également , cote à cote (en face de l’actuel presse) : Les boulangeries de Mr Canal et Mr Bécanne : uniquement du pain pas de confiseries ni de pâtisseries. Deux boucheries , celle de Mr Lages est la plus proche , à l’angle de la route de Saiguéde , la deuxième en face de l’église est tenu par Mr Bataillou.
Dans cette rue principale, que d’ animations ! : Martine en déambulant tranquillement passe devant une quincaillerie/bazar , un forgeron, un ex-réparateur de cycles, un coiffeur, et trois cafés , sans compter la Mairie/Ecole et l’Église , Et en plus face à la halle coté route de Rieumes une ébénisterie.
Un roulement de tambour retentit et attire l’attention des passants le garde champêtre Mr Gilibert va faire une déclaration au nom du maire.
Année 1963 – 1971
Les études reprennent pour trois ans et l’amènent à St Gaudens en pension option comptabilité.
Ensuite la vie reprend à Ste Foy : L’age pour le permis de conduire. Pas d’auto-école à St Lys Martine se rend donc à Toulouse pour les leçons. Et heureux évènement sa première voiture une Austin verte.
Dimanche jour de repos bien sur, la messe bien évidemment , et le soir le cinéma bien agréable. Ce jour là , le café Daurignac (un bâtiment massif situé en face de la halle sur la rue principale) accueille le projectionniste Mr Maurizot de Toulouse. Alors le café se transforme , les chaises sont installées , l’écran est dressé , le cinématographe tourne : Un succès hebdomadaire, sauf durant un mois d’été pour fermeture.
Mais l’été passe , l’automne arrive avec le mois d’octobre et la grande fête du village, trois jours samedi dimanche lundi : De nombreux manèges , rêve et féérie , émerveillement et enchantement , sans oublier le bal.
En 1971 , après une formation d’esthéticienne sur Toulouse , Martine ouvrira sa boutique à Fenouillet , exercera durant 22 ans et se réinstallera à Ste Foy en acquérant une maison près de celle de ses parents.